Archive | août, 2012

Rester sur la touche

27 Août

Il y a un peu plus d’un an, le Parti Québécois était traversé par une crise qu’on n’avait pas connue depuis fort longtemps. En deux jours, Louise Beaudoin, Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Jean-Martin Aussant démissionnaient dans la foulée du projet de loi 204. La veille des évènements, je quittais la Belle Province pour l’Europe avec un exemplaire du Devoir en main. Laissé perplexe par la une qui indiquait quatre probables démissions pour le lendemain, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Je vous avouerai qu’en apprenant finalement la nouvelle, j’ai été saisi par le doute.

En novembre de la même année, Jean-Martin Aussant fondait son propre parti en s’inspirant du nom de l’ouvrage fondateur du Parti Québécois : Option nationale (Option Québec n’ayant pas été approuvé par le DGE). Quelle ironie!

Honnêtement, je me suis demandé si ma place était encore au Parti Québécois.

Pour l’essentiel, je retrouvais dans les deux partis les idées du programme que j’avais adopté avec des milliers d’autres membres au Parti Québécois : la souveraineté, l’indépendance énergétique, la décentralisation vers les régions et la protection de la langue française.

Mais là où le bât blesse notamment, c’est qu’à ce programme auquel plusieurs milliers de militants péquistes ont contribué par la bande, Jean-Martin y a adjoint une équipe tout aussi jeune qu’inexpérimentée. Le Parti Québécois a aussi été formé à l’origine d’une équipe de jeunes professionnels, mais il y avait de solides éléments qui font terriblement défaut à Option nationale.

Par exemple, pour mettre en place le vaste projet de l’indépendance énergétique, le Parti Québécois a Daniel Breton, celui qui a porté le dossier dans la société civile pendant des années, notamment en fondant le mouvement Maîtres chez nous 21e siècle. Les Drainville, Hivon, Marois, Girard, Ouellet, Archambault, Blanchet, Cloutier, Hébert n’ont aucune équivalence à ON. Ce fut l’un des premiers constats qui m’assaillit à l’époque. Je ne vous cacherai pas que l’arrivée récente de Jean-François Lisée, Bernard Généraux, Pierre Duchesne, Léo Bureau-Blouin, entre autres candidats de marque, a depuis renforcé ce constat d’une équipe solide au Parti Québécois.

Il y a ensuite que je ne m’identifie pas à la démarche de Jean-Martin Aussant. En fondant son propre parti, il a brisé l’un des fondements du mouvement souverainiste : l’union. Le mouvement souverainiste ne sera jamais aussi fort qu’en additionnant ses énergies. Et s’il est vrai que l’indépendance est urgente à réaliser, elle ne sera jamais aussi probable qu’avec l’élection du Parti Québécois. Aux élections, chaque vote compte.

Finalement, sans le savoir, ce parti n’aspire qu’à devenir le Parti Québécois. En proposant d’unir les Québécois sous le signe de l’indépendance, il ne fait que reproduire la matrice originelle du Parti Québécois. En encourageant les Québécois à joindre ce petit navire plus maniable, il les invite à former ce grand navire souverainiste qu’est le PQ. En recrutant ses membres parmi les forces souverainistes, il deviendrait inévitablement semblable au Parti Québécois en s’alliant à la droite souverainiste, moins nombreuse. Il fera aussi le constat qu’une coalition souverainiste ne peut exister sans compromis. Il reproduit le chemin laborieux menant à la formation d’une grande coalition de milliers de membres comme le Parti Québécois, alors que ce parti existe déjà.

Le 4 septembre prochain, votez pour l’original, ne restez pas sur la touche.

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