Archive | juillet, 2012

Péquiste

26 Juil

Pourquoi?

La question, simple en apparence, mérite qu’on s’y attarde. Pourquoi faire le choix du Parti Québécois? La formation politique de René Lévesque, de Pauline Marois et de tous ces Québécois qui s’y sont attardés et qui y militent toujours aujourd’hui.

D’abord, il y a son programme progressiste. L’indépendance énergétique est un pan incontournable de celui-ci. Concrètement qu’est-ce que c’est? C’est faire en sorte que le Québec parvienne à produire lui-même l’énergie qu’il consomme. Pour y arriver, nous devrons développer nos ressources énergétiques et miser sur une plus grande efficacité. Concernant les ressources naturelles, le PQ compte exiger des redevances minières décentes pour les québécois et une taxe de 30% sur le sur-profit. Il favorisera aussi la transformation locale des matières premières.

Pour redonner plus de pouvoir aux citoyens, le PQ propose un plafonnement des dons privés à 100$. Ce serait la meilleure façon de conjuguer financement populaire et indépendance des partis vis-à-vis des collecteurs de fonds. Des référendums d’initiatives populaires bien balisés permettraient à la population d’exiger des consultations sur les enjeux de société les plus sensibles. Limiter à trois le nombre de mandat d’un maire et à deux ceux d’un premier ministre permettrait de dynamiser notre politique et d’éviter, autant que possible, l’usure du pouvoir. Des élections à dates fixes s’imposeraient aussi.

En éducation, le PQ propose d’annuler l’inéquitable hausse des droits de scolarité. Une hausse de 75% et une augmentation drastique des prêts étudiants nuira indéniablement à l’accès aux études supérieures pour des milliers de Québécois. Augmenter l’endettement étudiant comme le propose le PLQ, va précariser toute une génération d’universitaire qui, au moment où ils voudront accéder à leur première propriété, fonder une famille ou commencer leur carrière professionnelle, devront rembourser une hypothèque sur le cerveau. Nos voisins du sud appréhendent déjà une bulle spéculative sur l’endettement étudiant tandis que le modèle d’utilisateur-payeur en éducation est voué à l’échec. Il faudrait revoir le mode de financement du réseau des Universités du Québec. Faudrait-il indexer la facture étudiante? Peut-être bien, mais encore faut-il établir le seuil de départ d’une telle indexation. Devrions-nous implanter la gratuité scolaire? Le débat autour de la contribution des étudiants au financement des universités devra avoir lieu entre le gouvernement, le milieu de l’éducation et la société civile. Il ne se fera cependant pas sans un examen scrupuleux de la gestion universitaire. Tout ça, c’est en plein ce que propose le Parti Québécois.

Au-delà de mon attachement au programme du parti et aux valeurs de la social-démocratie qui le porte, l’indépendance est la clé de voûte de mon adhésion à celui-ci. Le Québec a tout à gagner à prendre en mains les leviers de son développement collectif. Souverains, nous pourrions exprimer sans gêne notre vision du monde, celle d’une nation nord-américaine fière de ce qu’elle est et confiante en un avenir qu’elle aura elle-même choisi. Nous parlerons d’une voix confiante, ni supérieure, ni plus inférieure à celles des autres nations, mais ce sera la nôtre. Le Parti Québécois d’aujourd’hui a changé la façon d’y arriver. Bien entendu qu’il faudra passer par le référendum, nous perdrions toute crédibilité internationale en empruntant une avenue défaitiste telle que l’élection référendaire, mais il n’est pas question de se lancer dans la bataille sans avoir mis les chances de notre côté. Le mouvement souverainiste a erré après 95, le PQ n’y a pas échappé, l’indépendance a cessé d’être l’enjeu politique incontournable. Il faut renverser la vapeur. L’indépendance n’est pas une panacée : souverains ou provinciaux, nous ferons face aux mêmes défis. Mais souverains, nous les affronterions en pleine possession de nos moyens. La vapeur renversée, le PQ tiendra un référendum, dans le premier mandat ou le second. L’objectif du PQ n’est pas de tenir rapidement le prochain référendum, mais de tenir celui qui sera gagnant.

Le Parti Québécois est la coalition souverainiste. Ni parfait, ni idéal, c’est pourtant celui qui rejoint le plus de Québécois qui comme moi pense que le Québec a tout à gagner à devenir indépendant. Certains points de son programme politique ne me rejoignent pas, je suis indifférent à quelques-uns et je suis en désaccord avec d’autres idées qu’il propose. Pourtant, c’est à ce programme que je m’identifie. Pour ses valeurs, la majorité de ses idées que je partage, son processus démocratique. Il exprime l’idée qu’il faut additionner nos efforts et exprimer une pluralité de points de vue. Ceux-ci s’expriment dans d’intenses débats au sein des instances du parti ainsi que dans la société civile.

La diversité qu’il attire, le Parti Québécois le conjugue en une équipe formidable, une équipe du tonnerre. Je ne parle pas seulement des Girard, Duchesne, Hivon, Drainville, Marois, Généreux, Cloutier, Breton, Gaudreault, Ouellet, St-Arnaud, Traversy, Hébert, etc., mais aussi de tous les autres membres de que j’y aie côtoyé, ces militants de tous les jours qui, avec tellement d’autres, forment l’âme du Parti Québécois. Cette équipe, de dizaines de milliers de membres et de militants, de députés et de permanents, on ne lui trouve d’égale nulle part ailleurs.

C’est finalement parce que la souveraineté ne se fera malheureusement pas à gauche, ni à droite d’ailleurs, mais ensemble, que je suis au Parti Québécois.

Bref, je suis péquiste.